Des architectures qui tiennent dans la main

L’échelle détermine la présence, mais pas l’importance. Il existe des architectures que l’on parcourt avec tout son corps et d’autres, tout aussi présentes, que l’on découvre du bout des doigts. Elles sont petites, presque invisibles à première vue. Mais elles équilibrent, avec une humble précision, l’ensemble de l’œuvre. Un interrupteur. Une poignée. Une plaque qui consolide la proportion et l’échelle en quelques centimètres à peine.

Chez Font Barcelona, nous considérons chaque mécanisme comme une micro-architecture : une structure aux limites précises où la forme se soumet à l’usage et où l’usage ouvre des possibilités au design. C’est dans cette petite géographie que se produit ce que l’architecte Anne Holtrop appelle « l’architecture possible » : un territoire où tout, même le plus infime, peut être architecture s’il est capable de proposer une relation, un rythme ou une expérience.

Les proportions sont affinées comme s’il s’agissait d’un plan à l’échelle. L’épaisseur suffisante pour donner de la présence, le vide nécessaire pour permettre le geste. L’ergonomie devient une étude des parcours : la distance entre la main et le mur, la résistance exacte du bouton-poussoir, la température du métal. Tout est mesuré, mais rien ne cherche à s’imposer. Elle ne cherche pas à se mettre en avant, elle apporte seulement fonction et équilibre au sein d’un espace, d’un tout.

“Chacune de nos collections part d’une même idée : la modularité. Des modules qui construisent des systèmes, des structures polyvalentes qui permettent de concevoir depuis un simple interrupteur jusqu’à des compositions plus complexes réunissant des ports USB, des prises, des régulateurs ou des boutons poussoirs. Peu importe le nombre d’éléments qui composent l’ensemble : il y a toujours une harmonie sous-jacente, une sorte d’ordre silencieux qui permet à tout de s’assembler naturellement.”

La modularité est ici une solution technique, mais aussi un langage. Un ensemble de règles qui offre la liberté. Comme dans l’architecture qui se déploie par couches, les mécanismes permettent de tracer des hiérarchies, de décider ce qui apparaît et ce qui se cache, ce qui se répète et ce qui se singularise.

La main, lorsqu’elle touche un mécanisme, comprend des choses que l’œil ne voit pas : la texture, le poids, la température du métal… À cet instant presque imperceptible où la lumière s’allume, l’intention du design se révèle. C’est pourquoi, chez Font Barcelona, nous concevons les mécanismes comme des architectures qui tiennent dans la main, qui relient les pièces, les rythmes et les corps. Un pont entre l’ingénierie et la précision manuelle de l’habitable.